Il est rassurant d'entendre, à l'occassion de cette récente décison de justice, le choeur des esprits offusqués pourfendre la justice dans ses décisions indignes.

Mais il est un peu étonnant de voir qu'au sujet de ce jugement, peu de voix s'élèvent pour dire, avec clarté et simplicité, que ce qui est avant tout méprisable dans cette affaire, c'est la coutume, la tradition inique, qui veut qu'au lendemain de la nuit de noce, on expose le sang de la jeune mariée, jeté en pâture aux gardiens de la
tradition, comme signe d'obéissance à la puissance de la domination masculine.

Cette preuve, qui matérialise le fait que bien avant ce mariage, la jeune femme a intégré dans son âme et dans son corps une morale de soumission à l'homme, me paraît pour ma part révoltante.

C'est cela qu'il faut d'abord dénoncer.

Samedi 31 mai 2008
publié dans : Méditations
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Avec un petit jeu. Devinez qui donc se promène gaiement dans les herbes hautes...

 

 

Dimanche 25 mai 2008
publié dans : Airs
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Il se peut que la réponse soit: rien.

C'est vrai. Nous sommes au XXIème siècle. A l'ère des Nanotechnologies et de l'Hypermonde. Alors franchement, choisir l'Escargot comme thème de méditation, c'est faire preuve d'une grande inadaptation à l'air du temps. Pourquoi, tant qu'on y est ne pas lire les "Lettres de mon moulin", ou coudre des pièces en cuir aux genoux des pantalons de ses enfants?

Non, vraiment, ce n'est pas un sujet, l'Escargot.

Allez. Vite. Un clic et vous aurez laissé cet article.

De toutes façons, l'Escargot, c'est trop lent. Et trop mou. Sauf la coquille. Qui est lente, mais dure. Enfin...dure...c'est pas du titane non plus. Ca prouve d'ailleurs la bêtise de l'Escargot. La Tortue, au moins,  se réfugie dans un habitacle solide. 9 sur 10 au crash-test.

Le seul truc un peu bizarre, avec l'Escargot, le seul angle d'attaque à partir duquel nous pourrions envisager l'amorce d'une petite réflexion, c'est sa capacité à envahir nos terrasse, nos chemins et nos salades dès la moindre petite pluie. Cet empressement à la promenade est d'abord contre nature: la plupart d'entre nous rentrons dans notre maison lorsqu'il pleut. L'escargot lui en sort, pour aller déambuler dans les flaques.

Peut-être l'escargot est-il normand, ou breton. Ce pourrait être un explication.

Mais ce n'est pas tout. 

La réelle énigme au sujet de l'Escargot réside dans l'incapacité qui est la nôtre à concevoir où il se cache quand il ne pleut pas. Vous en voyez, vous des escargots les jours de non-pluie? Certes, en ce moment, vous ne voyez pas de jours de non-pluie. Donc ma question est difficile. Mais essayez de vous souvenir.
Et procédez à une petite enquête, la prochaine fois où il fera beau (fin juillet selon ma grenouille). Inspectez les alentours des sites habituels de rassemblements gastéropodiques. Et vous constaterez de vous-même.

Rien.

Ce qui nous laisse avec une drôle d'équation sur les bras: soit V la vitesse moyenne de l'Escargot, I l'intensité de la pluie, D la densité d'Escargots au m2 sur ma terrasse et W la constante de Korn, il semblerait alors, mais faites les mesures, j'aimerais bien une confirmation, que V*I= cosinus(K/D)*Log(I*D)

Une fois les calculs réalisés, vous serez surpris de constater que l'Escargot en temps sec possède une vitesse supérieure à celle de la Lumière.

Ce qui nous permet:

- d'expliquer pourquoi les Escargots sont invisibles quand il ne pleut pas

- de répondre partiellement à
Rosa

- de comprendre pourquoi Einstein n'aimait pas les Escargots

Prochainement, nous essayerons de causer du Barbiroussa

Samedi 24 mai 2008
publié dans : Les lucioles
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Je parle rarement de moi directement, ici. Mais j'ai ce texte, par devers moi depuis quelque temps, et j'ai envie de le publier. Le voici donc, un peu de ma vraie vie, qui ressemble à celle de la Prairie. Je dédicace ce texte à Rosa, qui aimerait en savoir un peu plus. C'est chose faite. Je dédicace aussi ce texte à tous ceux qui ont eu, ou auront, à raconter des histoires à des enfants, le soir. Pour leur montrer qu'on n'a pas forcément besoin de livre.

Hier soir, c’était histoire. Il était environ 22h, je contemplais le jardin, mon verre de Perrier frais à la main, et j’ai senti deux petits bouts se glisser dans l’ombre, dans une manœuvre d’encerclement visiblement bien préparée. A ma gauche Marie, la plus grande, contemplatrice elle aussi, qui vient se serrer contre mon flanc gauche « ah ..mon papa… ». A ma droite, Camille, volontaire et déterminée, qui vient se planter à mes côté, me fixe du regard et amorce un sourire dont je sais qu’il me sera fatal… « dis, papa, tu nous avais pas promis une histoire pour ce soir… ? » A la fin de la phrase, la tête s’incline, et la bouche prend la forme d’une moue intéro-positive dont je vois mal comment me dépêtrer. Je bredouille un « tu crois ? » suivi d’un  « faut voir ..», puis d’un timide « je sais plus… » mais je sens rapidement que les troupes vont se révolter si je me défile…Alors Ok, on, y va, mais brossage de dents d’abord. Les filles se téléportent dans la salle de bain, et je reste face à mon destin narratif…Quand je suis fatigué - ce qui est le cas - j’aime bien préparer un peu avant de me jeter dans la cage aux lions. Je dresse donc rapidement l’inventaire de mes dernières créations…et là, je me souviens être resté sur un flop, une histoire ratée, pas drôle, dans laquelle je m’étais embourbé méchamment. Du coup, j’ai la pression. Comme je suis planté sous le noyer, j’arrête mon choix sur une histoire d’écureuil, un noyer géant, les noix qui disparaissent dans la nuit…. ça me semble un bon début…on verra bien pour la chute. J’arrive dans la chambre, mon public est assis sur les lits. Je lis dans leurs yeux que ça ne plaisante pas. Avant que j’ai dit quoique ce soit, tout mon plan vole en éclat. C’est Camille qui s’y colle: « alors ce soir, on veut un histoire de dragons, un petit dragon, et il faut que ce soit drôle, pas comme ton histoire des tortues (mon dernier flop…) » « oui, des dragons dit Marie, des gros dragons et un petit dragon gentil..  » . Bon. Je renvoie l’écureuil dans le noyer, le noyer dans le jardin, et je convoque les Dragons. L’improvisation, c’est d’abord une affaire de technique et de sang froid. Je ne connais pas l’histoire, parce qu’elle n’existe pas, elle n'est pas encore inventer. Elle doit émerger d'elle même, se créer en direct. La première étape, c’est donc de planter le décor. C’est fondamental : créer des images qui vont appeler d’autres images, qui déclencheront à leur tour des idées. L’imaginaire, en tout cas le mien fonctionne comme ça. Ca permet aussi de gagner du temps : tu décris des lieux, des personnages, donc tu es dans l’histoire, et pendant ce temps, tu cherches le scénario…Mais l’important, c’est de vivre ton histoire : si tu n’es pas dedans, ça ne peut pas marcher. La première idée qui me vient à l’esprit, c’est une montagne. Haute, très haute…Rien que sur la montagne, je peux tenir un moment. Par exemple, la mienne, elle est magique (ah, sans le mot magique, combien d’histoires n’auraient jamais vu le jour) : si on la regarde, on ne la voit pas. Par contre, dès qu’on tourne la tête, au moment ou elle sort de notre champ de vision, on la voit, l’espace d’un clin d’œil. L’idée plaît. Sur leur lit, les filles s’essayent à ne-pas-voir/voir la montagne…c’est Camille qui finit par la voir en premier, puis Marie y arrive aussi. Elle est haute, oui très haute, au moins dix fois l’Himalaya…Bon ça marche, pendant qu’elles se tordent le coup, j’ai pu construire un peu. Il y aura des Dragons, une assemblée de dragons en haut de la montagne. Ce sera une séance d’Initiation, présidée par le vieux Rois des Dragons…Et notre petit Dragon sera soumis à une épreuve…Ca vient naturellement, c’est évident : il va devoir cracher le feu pour la première fois, et devenir un vrai dragon. Je tiens la matière, mais il manque la surprise, la chute, le suspens, le moment drôle ou dramatique qui donne sens à l’histoire. A ce stade je ne sais pas.. aucune idée. Alors j’avance. C’est comme ça, tu ne peux pas te poser et dire : minute, je réfléchis à la suite. Ca tu n’as pas le droit. Donc il faut bouger, faire vivre ce petit univers, et provoquer l’idée. Le tout c’est d’avoir confiance. Donc papa et maman dragon préparent leur petit dragon pour l’épreuve. Tous les dragons se rassemblent dans la grotte en haut de la montagne. Prendre son temps, décrire l’assemblée : les vieux dragons avec leur canne, leur binocles et leur barbiche, les jeunes tueurs de chevaliers, les jolies dragonnes qui font les yeux de braise…Au passage, il faut mimer tout ça : le vieux dragon tremblotant et bégayant, le jeune rouleur de mécanique etc…C’est du conte et du théâtre à la fois. Petit à petit ça prend corps, en même temps que ça prend dans mon corps…la chambre devient un grotte, on sent le soufre…Entre en scène le Rois des Dragons. Il arrive en dernier, blanc, majestueux…Il est très vieux, plissé de partout, mais inspire le respect et la crainte, par sa taille, l’envergure de ses ailes, sa gueule immense.

Je m'attarde sur ce rôle. J’en profite pour faire peur.. je deviens le vieux dragon, je viens flairer les petites  filles dans leur lit.. elles se cachent sous les draps et rigolant, et en poussant des petits cris de terreur…C’est à ce moment là que me vient l’idée, celle qui va sauver l’histoire : le petit dragon devra cracher du feu devant le roi et tous les dragons, mais bien sûr, il n’y arrivera pas…C’est toujours ça le ressort dramatique : l’épreuve, l’échec, et le retournement de situation. Pour ce dernier, je ne vois pas encore.. à défaut il mangera du poivre, une grosse boîte de poivre et ça marchera (sur le coup, je pense, pas terrible le coup du poivre mais bon, c’est sécurisant d’avoir une idée). Reste plus qu’ a expliquer le poivre. Cela viendra. Cela vient toujours. Il faut y croire. Avoir confiance. Pendant ce temps, l’histoire se déroule. Je suis en train de mimer le pauvre dragonnet crachant ses poumons sous l’œil sévère du rois des Dragons. Ou plutôt, je ne mime pas, je Suis le dragonnet. Je suis par terre, dans un sifflement, je m’écroule, incapable de cracher du feu. Le Roi des Dragons s’apprête à ouvrir sa grande gueule et à me carboniser (pas de pitié chez les dragons, les faibles sont sacrifiés au grand feu royal…c’est horrible, et justement, les filles sont tétanisées, et tous les dragons se reculent dans la chambre, se plaquent contre les murs, car ça va exploser, le pauvre dragonnet et perdu) et là, brutalement, l’idée arrive, je me souviens, moi le petit dragon, de ce paquet que ma mère a caché sous mon aile gauche, avant la cérémonie, je me souviens de ses paroles : si tu sens que tu es perdu, avale ce sachet …Alors le petit dragon extrait discrètement le sachet et l’enfourne dans sa gueule.. et bien sûr, c’est du poivre. Des centaines de grains de poivre rouges comme le feu. Alors ça explose dans la gueule du petit dragon, il souffre, bien sûr, il hurle en courant dans la chambre/grotte, et tout d’un coup, il tousse, hoquète, et crache du feu comme un vrai dragon qu’il est devenu…Joie des dragons, fierté du petit dragon, joie des filles et du père…Il n’y a plus qu’à revenir en douceur dans la chambre, chasser les derniers dragons qui s’attardent, et réintégrer un corps de papa tout simple. Bisous, « c’était bien », « trop rigolo » « ça faisait peur »…Une nouvelle fois la magie a pris…le dieu de l’inspiration ne m’a pas laissé tombé.
Comme à chaque fois, je suis épuisé, mais si heureux.

Mardi 20 mai 2008
publié dans : Imaginaires
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Se procurer d'abord un Pré. Vert de préférence.
Une Prairie, si l'on souhaite faire les choses en grand.
Poser ensuite une maison sur le Pré.
Une maison simple et accueillante.
Celle-ci fera très bien l'affaire.
Attendre alors qu'il fasse nuit.
- "C'est à dire, Monsieur?" "Quelles proportions, pour la nuit?"
- Disons environ une Etoile pour dix Lucioles, cela devrait faire l'affaire.
Attendre donc patiemment.
Puis quand c'est le moment, frapper à la porte de la maison.
Si personne ne répond, c'est que la brioche n'est pas prête.
Dans ce cas, patienter un peu plus.
Veiller surtout à faire plus de Rêves, à imaginer plus de Mystères.
C'est très important pour la préparation de la recette.
Pour cela, il faudra parler aux Etoiles et aux Lucioles, au Vent et aux Senteurs de la Nuit, au chant du Hibou et au frémissement du Grillon. Au Brin d'Herbe, aux Nuages et à la Lune.
Alors, forcément, le moment finira par arriver.
Là, avec précaution, avec un léger chiffon, vous ferez disparaître la maison, et tout ce qu'elle contient.
A l'exception de la brioche.
Préparée à votre intention.
Et qu'il ne vous restera plus qu'à savourer.

Samedi 17 mai 2008
publié dans : Les lucioles
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