D'abord, je ne suis pas un Astéroïde. Je suis une Météorite.

Ce n'est pas la même chose.

J'en connais, des Astéroïdes. Ils trimballent leur petit Corps Céleste au gré des Vents Cosmiques, et vagabondent benoîtement entre les planètes, meublant de leurs manières snobinardes le Vide Sidéral. Les Astéroïdes, c'est décoratif, superflu, et inutile.

Moi, j'ai une Mission. Une Météorite, c'est fait pour s'écraser. Convenez qu'il y a une petite différence, et que j'ai quelques raisons d'attirer votre attention sur votre méprise.

N'y voyez pas de l'orgueil, ou l'expression d'une quelconque manifestation d'amour propre. Ce serait me prêter des sentiments que j'ignore. Je ne suis qu'un caillou, doté d'une Masse et d'une Vitesse, qui sont les seuls paramètres qui me définissent, au regard de mon inéluctable destinée, à savoir un choc violent et destructeur qui verra ma fin et, au passage, celle de cette Prairie prétentieuse et stupide, que vous arpentez en croyant être au centre du monde.

Alors écoutez mon message, et allez vous en d'ici: vous êtes sur mon chemin

Et tant que vous êtes là, à m'écouter, dites à ce Léon qu'il peut laisser tomber. Je n'ai pas l'intention de ralentir, ni de changer de direction. Je suis le Principe de Fin. Je vais m' Accomplir.

Je vous le redis: vous feriez mieux de vous écarter...



Jeudi 17 avril 2008
publié dans : Les lucioles
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Léon est soucieux. Presque inquiet. Ce n'est pas tant le fait que l'astéroïde se rapproche, continuellement. Cela, il l'a déjà affronté. Léon sait garder son sang froid face à la menace. Il ressemble à l'un de ces personnages de films catastrophes. Vous savez, celui qui va devoir désamorcer la bombe, ou guider, depuis la tour de contrôle, le héros qui est au commande de l'avion en perdition. Tout le monde a les yeux braqués sur lui. C'est momentané, bien sûr, car dès que la catastrophe sera évitée, on reviendra sur le héros et sa dulcinée. On fera une tape reconnaissante dans le dos de Léon, puis il repartira au second plan.

Mais pour l'instant, c'est à lui que l'on se fie. C'est dans le froncement de ses sourcils qu'on essaye de trouver un signe qui nous rassurerait. C'est en lui que nous plaçons notre espoir.

Peut être à tort.

Car s'il nous laissait pénétrer quelques secondes dans son cerveau, s'il nous laissait entendre ses pensées, pendant qu'il s'affaire à  ajuster, orienter, régler sa Machine, alors nous perdrions sûrement cette désinvolture, cette confiance naïve qui nous laissait croire, jusqu'à maintenant, que tout allait s'arranger.

Car Léon même s'il ne le dit pas, même s'il n'en laisse rien transaparaître, Léon est aux limites de sa science.

D'ailleurs, au fond de lui, en un lieu encore plus inaccessible que son esprit, qui déjà se dérobe à nous, en un lieu que nous pourrions dénommer "âme", ou "coeur", s'il était possible de penser qu'il existe un âme où un coeur chez un personnage imaginaire, alors là, au fond de son être, nous entendrions monter une prière. Nous entendrions Léon s'en remettre à un miracle.

Jeudi 17 avril 2008
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Mardi 15 avril 2008
publié dans : Airs
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C'est un moment important pour la Prairie. Le plus important, peut-être, depuis le début.  Faire attention à rester "dans" l'histoire.

Il faut expliquer l'Astéroïde (nb: lui trouver un nom!)


C'est un Principe. Un Principe de fin. L'Astéroïde est le Principe de Fin de la Prairie. Ne pas le dire aussi directement. Le lecteur doit le comprendre. Ne pas être trop didactique.

Mais il faut expliquer aussi le rôle de Léon. Et le faire en même temps. Surtout ne pas faire l'un..puis l'autre.

Avant, il faut comprendre Léon. C'est difficile. Il m'échappe encore.

Idée: avec sa machinerie, Léon régule la probabilité d'écrasement de l'Astéroïde. Oui…c'est une bonne idée. C'est intéressant: Léon intervient sur une fonction mathématique. Ca colle avec ce que l'on sait du personnage. On va l'appeler P(A). Si P(A) tombe à zéro, l'astéroïde disparaît, la Pairie n'est plus menacée. Par contre, si P(A) =1, alors l'astéroïde s'écrase, et la Prairie disparaît. Donc P varie entre 0 et 1, en fonction de l'action de la machine de Léon.


Il faut rester mystérieux sur le mode d'action de Léon. C'est sa "machine". Il faut de l'enchantement, des astrolabes, des engrenages, des mécanismes d'horlogerie…Une Balance à Pollen…oui, il y aura une Balance à Pollen. Trois plateaux, légers comme dans un pèse-lettre. Dessus, des grains de pollen, qui subissent l'attraction de l'Astéroïde. De temps en temps, un grain s'envole, modifiant l'équilibre. Alors, par triangulation, Léon arrive à calculer la distance…Faire un schéma pour cette balance…à la manière des encyclopédies des lumières…Cela doit être Poétique.

Puis s'attaquer au principe de Vie. Qui s'oppose au principe de Fin. C'est la Poésie de la Prairie. C'est lui que "capte" Léon avec sa machine, c'est avec cela qu'il lutte contre l'Astéroïde. C'est le plus difficile à expliquer. Ca doit être un passage philosophique (les grecs, pensée chinoise), mais il faut rester "dans" l'histoire. Ne pas faire de la théorie. Le principe de Vie, c'est les Histoires elles-mêmes, ce sont les Lecteurs aussi, le Désir, d'écrire, d'offrir. C'est la poésie du Monde.


Il faut un dialogue, entre Léon et "Bruno". Léon n'est qu'un opérateur, il est un instrument de l'inconscient. De mon inconscient. Il faut comprendre pourquoi l'Astéroïde se rapproche. C'est en moi qu'est la réponse.

Comme c'est difficile.


Vais-je y arriver?

Il faudra bien, sinon, P(A)=1 !

Dimanche 13 avril 2008
publié dans : Les lucioles
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"Il brille un peu plus qu'hier,non?"
J'ai posé la question, mais je connais la réponse.
Léon lève la tête en direction du ciel étoilé.
"Oui..", dit-il, comme pour confimer une évidence. "C'est qu'il est plus près".
Léon me montre alors une série de de courbes et d'équations jetées en travers des pages de son cahier. "Il n'a jamais été aussi rapproché". Il hoche la tête en contemplant ses graphiques. Puis regarde à nouveau le ciel. Enfin, il pose son regard inquiet sur moi.
Je détourne les yeux, et je fais un signe en direction de sa machinerie. "Vous allez intervenir?"
"Peut-être...je m'y prépare...ça dépendra surtout de vous, non?"
A mon tour d'hocher la tête.
Tout d'un coup, j'ai froid.




Samedi 12 avril 2008
publié dans : Les lucioles
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