Radio Prairie : Chers auditeurs, aujourd’hui nous recevons dans nos studios M. Grolar Plindsoup, directeur général de la Banque des Carottes…Bonjour M.
Plindsoup.
Grolar
Plindsoup : Bonjour
RP : Tout d’abord, merci à vous d’avoir bien voulu accepter de répondre à nos questions…
GP : mais c’est tout naturel
RP : M. Plindsoup, pouvez vous rassurer les
auditeurs de Radio Prairie, et notamment tous les lapins de la Prairie sur la situation de votre établissement. En gros, et pour faire simple, risque-t-on, du fait de la crise internationale, une
pénurie de carottes. ?
GP : En aucun cas. Je tiens à l’affirmer fermement pour vos auditeurs, et surtout les lapins : il n’y a aucun risque de pénurie. Aucun. Je
le dis en toute confiance et sérénité.
RP : Vos stocks sont donc au plus haut ?
GP : …pardon ?
RP : je parlais de vos stocks de carottes…vos coffres sont pleins? Les lapins peuvent être
tranquillisés ?
GP : disons que potentiellement, oui…
RP : potentiellement? C’est à dire… ?
GP : et bien, c’est un peu technique tout ça, je ne voudrais pas ennuyer vos auditeurs, mais disons que nous avons un niveau de couverture du
risque compatible avec notre anticipation de l’évolution du marché…
RP : …concrètement… ? Ca veut dire que vous n’êtes pas sûr d’avoir des carottes pour tous les
lapins ?
GP : non…pas exactement…disons que nous n’avons pas de carottes disponibles à l’instant si tous les lapins venaient chercher leurs
carottes…mais ce n’est jamais le cas dans la réalité…nous disposons de modèles de comportement et de consommation qui nous permettent d’anticiper sur la demande réelle des lapins, et d’ajuster
notre stock…C’est notre métier.. au quotidien
RP : Mais, pour rassurer nos auditeurs, et surtout les lapins, pouvez-vous nous dire en gros le niveau de votre stock de
carottes ?
GP : et bien…c’est à dire.. c’est délicat…et très technique…
RP : Nous sommes d’accord, M. Plindsoup, mais l’heure est grave, les lapins ont besoin d’être rassurés. Donnez-nous au moins une fourchette, je
ne sais pas, moi, entre 100 000 et 200 000 carottes, par exemple.
GP : hum.. et bien, disons que, pour donner un chiffre réaliste, nous devons nous situer disons environ à peu près entre 0 et 1 000 000 de
carottes…
RP : c’est un peu vague, comme estimation, vous ne trouvez pas… ?
GP : hum…et bien. ..en fait,…il y a peu de chance que nous soyons à 1 000 000…peu de
chances…
RP : dois-je comprendre qu’à l’inverse, il n’est pas impossible que vous ayez 0
carottes ?
GP : c’est à dire…répétons-le, tout cela est très technique, il ne faut pas affoler les gens, surtout les lapins, nous avons la situation bien
en main…
RP : M. Plindsoup, vous me confirmez que vous n’avez pas de carottes en stock ???
GP : techniquement, oui…
RP : Aucune, pas même une vieille carotte de l’an dernier ?
GP : techniquement parlant, je le répète, c’est bien la situation. Mais laissez moi vous expliquer. Car il faut expliquer, sinon, les lapins
s’affolent…et c’est mauvais pour l’économie, ça, quand les lapins prennent peur.. très mauvais…
RP : et bien, M. Plindsoup, nous vous écoutons, je pense que les millions de lapins de la prairie vous écoutent, et ont hâte d’entendre vos
explications sur ce scoop que vous venez de nous livrer, à savoir le fait que la Banque des Carottes, cette institution de la Prairie, il faut le dire, n’a pas une carotte en
caisse…
GP : Disons, pour faire simple, et je pense qu’avant tout, c’est cela que doivent retenir les lapins, il n’y a pas de risque de crise sur la
carotte. Le marché est sain.
RP : sauf que vous n’avez pas de carottes, là, à l’instant…
GP : Oui…mais nous avons des produits financiers valorisables en carottes…c’est beaucoup mieux
RP : c’est à dire…
GP : et bien, pour bien comprendre, il faut se mettre en tête que la finance moderne permet de faire beaucoup de chose sans avoir besoin
nécessairement de les réaliser dans la vie réelle. Donc par exemple, être une banque de Carottes, ça ne veut pas dire cultiver et stocker les carottes. Pour cela, il y a des carottiers, ils font
ça très bien..
RP : vous voulez dire des agriculteurs ?
GP : ah non, les carottiers, ce sont des courtiers en carottes, ils sont spécialisés sur le marché des carottes, ils achètent et vendent sur le
marché à terme à longueur de journées des carottes partout dans le monde.
RP : sur le marché à terme ?
GP : oui, c’est un peu technique, mais disons qu’ils anticipent sur la production future de carottes. Ils achètent la carotte avant qu’elle
n’ait poussé.
RP : ah bon ?
GP : oui…et ils font mieux, non seulement ils l’achètent avant qu’elle ne sorte de terre, mais ils la revendent
aussi.
RP : c’est de la carotte virtuelle alors ?
GP : oui, en quelque sorte, et heureusement, car sinon, vous imaginez le bazar, toutes ces carottes qu’il faudrait sans arrêt faire naviguer
d’une place boursière à l’autre, par camions polluants…bonjour l’effet de serre…
RP : c’est étrange quand même…mais revenons à vous
GP : et bien, disons qu’à la banque des carottes, nous sommes spécialisés dans le marché à terme de l’indice boursier de la
carotte.
RP : ah.. et pour les néophytes, ça veut dire quoi ?
GP : et bien c’est assez technique, mais disons que nous anticipons sur les variations des cours de la carotte sur les places boursières, et
nous revendons le risque à des spéculateurs de risque, qui eux sont spécialisés sur le marché du risque.
RP : j’avoue que c’est un peu flou pour moi.. et j’imagine pour les lapins qui nous
écoutent…vous n’auriez pas un exemple concret ?
GP : bien sûr bien sûr. Je peux vous parler de notre nouveau produit, le LCB
RP : ce qui veut dire ?
GP : le Lunar Carot Bond. C’est notre produit phare du moment. Nos clients se l’arrachent comme des petits pains. +135% depuis un an. C’est
dire.
RP : et cela consiste en quoi ?
GP : et bien, c’est un peu technique, mais disons que nous spéculons sur la valeur du cours de la carotte sur la première place boursière
lunaire.
RP :… ? il y a une place boursière sur la lune ?
GP : non…pas encore…et c’est là l’intérêt…Nous avons fait travailler nos experts…vous savez que la carotte pousse dans le sable. Or la lune,
c’est du sable, à perte de vue. Donc Lune = sable = carotte = marché. Après, c’est juste une question de temps. Qu’on relance la conquête spatiale, qu’on installe des bases, puis des villes etc.
On bosse là dessus, on a fait des prédictions. Les détenteurs de Lunar Carot Bond auront un accès privilégié au marché lunaire. Ils feront des bénéfices monstrueux. Grâce à nous. Et pour
l’instant, les bénéfices, c’est nous qui les faisons…et je peux vous dire que c’est juteux.. ça rapporte un max…on s’en met plein les
fouilles…
RP : …. ?
GP : Donc vous voyez…rien à craindre. La Banque des Carottes se porte bien. Les revenus de nos courtiers ont quintuplé sur l’année
dernière…moi-même, personnellement, je vous avoue que je peine à trouver les moyens de dépenser tout l’argent que j’amasse… c’est dire…
RP :…
GP : alors je voudrais dire aux lapins qui nous écoutent, et qui, je le sais, parfois, trouvent leur situation quotidienne difficile. Parce que
c’est vrai, le prix de la carotte augment un peu, ces temps ci. Je voudrais leur dire ceci : à la Banque des Carottes, nous sommes fiers de travailler pour les lapins. Car les lapins sont
l’avenir de la Prairie. Ils en sont les forces vives, la jeunesse, l’espoir, l’ambition. Et je sais qu’ils trouveront la volonté et l’énergie pour surmonter cette épreuve. J’ai envie de leur
dire : Lapins, soyez fier de vous, de votre courage. Je vous le demande, humblement, mais avec l’espoir d’être écouté : il vous faut redoubler d’efforts, Lapins, travaillez, travaillez
pour vous, votre famille, mais surtout pour la prairie, pour la Banque des Carottes. L’histoire se souviendra de votre sacrifice. Et sachez que personnellement, du fond du cœur, je suis très
honoré de vous servir, et je vous jure que l’institution que je représente continuera à défendre vos intérêts, dussé-je y perdre ma vie.
RP : Et bien, c’est sur ces paroles rassurantes et pleines d’espoir que nous rendons l’antenne. Merci à M .
Plindsoup.
RP : comme c’était beau M. Plindsoup
GP : Appelez-moi Grolar
RP : comme c’était beau Grolar. Dites-moi, entre nous, vous n’auriez pas quelques LCB à me
vendre?
GP : hummm. Vous m’avez l’air sympathique. Passez me voir demain.. je suis sur mon yacht privé, j’organise une petite fête. On reparlera
de tout ça.
RP : votre yacht.. mais il n’y a pas de mer dans la Prairie.. ?
GP : si.. si…c’est une mer privée, que j’ai faite construire…Mais il vous faudra être discret là-dessus, vous
comprenez…
RP : oui.. bien sûr…donc à demain alors
GP : oui, à demain…amenez aussi les bandes de l’interview, il faudrait peut être que l’on revoie certaines de mes réponses, et certaines de vos
questions…vous savez…c’est pour les lapins…il faut veiller à ne pas les effrayer…ce serait mouvais pour le cour du LCB
RP : oui, bien sûr, je comprends…n’ayez crainte…à demain donc
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||