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Prélude à l'Ange de conversation

Il est bon, parfois, d’avoir à nos côtés, en certaines circonstances, un Ange de Conversation.


Cela n’est pourtant pas obligatoire. Et d’ailleurs, il n’est pas conseillé d’en abuser : certaines conversations se déroulent très bien d’elles-mêmes, et dans ces cas, l’apparition d’un Ange au coin de la table risquerait plutôt de déstabiliser les interlocuteurs – bien, sûr,  chacun pourrait faire mine de ne s’apercevoir de rien…constater du coin de l’œil que le tour de table s’est brusquement élargi, acter qu’il ne s’agit vraisemblablement pas d’un élargissement normal, comme il s’en produirait si Marcel Lesympa, le voisin qui habite la maison aux géranium, sise au coin de la rue des mimosas, en s’immisçant comme il a l’habitude de le faire, c'est-à-dire sans prévenir, de manière un peu abrupte, gougeâte presque - si tant est que l’on peut utiliser un terme qui, dans ce contexte, serait ambiguë, car ce que l’on voudrait signifier, ce ne serait pas une attitude vile à l’égard d’une femme présente à la table, ou de la gent féminine en général, non, il s’agirait plutôt de décrire l’attitude de Marcel face à la Conversation en tant que concept de genre féminin (car que cela soit clair, Marcel n’est pas du tout misogyne, ni discourtois envers vous mesdames, bien au contraire, il est pétri de ces manières anciennes, que l’on qualifiait autrefois de galantes, mais qui maintenant sont passées à la loupe des Spectromètres à Interférences Stéréotypales par des cohortes d’Officier de la Normalisation des Attitudes et du Langages dont la fonction est d’établir le référentiel des Bonnes Pratiques en Situation de Mixité destiné à éviter tout conflit provoquant l’apparition de Troubles Emotionnels Sexués dont il convient, nous le savons tous, d’expurger notre vie quotidienne pour garantir le droit à la préservation psychique de notre intimité de toute agression mettant en œuvre un stéréotype de genre), et donc, à cette occasion, de signifier un manque de respect grossier dudit Marcel (honte sur lui, quel scandale, c’est intolérable !) envers les formes charmantes et délicates...

 

-  Ah, mais halte-là monsieur !Vos papier s’il vous plaît…

-  Pardon… ?

-  J’ai dis vos papiers…et vite…vous voyez bien que vous êtes en infraction !

-  Heu… ?!

-  Article 37 alinée 3 du code de procédure Antistéréotypes : « Tout être humain, qu’il soit homme ou femme ou transexuel ou bisexuel ou multisexuel ou  bien asexué, pris en flagrant délit d’exprimer un stéréotype mettant en avant une propriété non-fondée attribuée à un autre être humain sur le simple constat qu’étant un homme ou une femme, ou un transexuel ou un bisexuel ou un multisexuel ou  bien un asexué, ce dernier pourrait être supposé agir d’une manière spécifique à son caractère d’homme, de femme, de transexuel, de bisexuel ou de multisexuel ou  bien d’asexué, sans qu’il soit démontré par une étude scientifique ou statistique que ce comportement relève d’une propriété spécifique à cette catégorie, est suceptible d’être verbalisé sur le champ et devra s’acquitter d’une contravention de 5ème classe ». Donc je verbalise !

- Mais…je m’excuse, mais je n’ai pas l’impression….

- Contesteriez-vous la justesse de la vue d’un agent assermenté ?

- A vrai dire...je ne sais pas…je…

-  Niez vous que vous avez utilisé les adjectifs « charmantes et délicates », en les associant au concept de Conversation, au motif que ce concept est de genre féminin, et que ce faisant, vous avez opéré l’expression d’un stéréotype de catégorie 7 (je rappelle, pour mémoire, que la catégorie 7 contient l’ensemble des stéréotypes  relevant de l’utilisation à la forme féminine d’adjectifs qui possèdent une forme féminine et masculine pour cautionner un point de vue relevant d’un parti pris purement subjectif et non-démontrable par les faits, visant à attribuer une propriété particulière à une forme sexuelle qui n’a, de part son essence, aucune raison d’être affectée plus qu’une autre de ladite propriété) 

- Non…enfin oui…enfin…je ne sais pas…

- Niez vous que vous auriez pu fonder votre propos sur l’utilisation du mot « dialogue » plutôt que conversation, et que dans ce cas, vous n’auriez pas ressenti le besoin de faire référence à la nature « charmant et délicat » du dialogue, ce qui atteste que ce n’est point le caractère même de la situation (deux personnes en train d’échanger des mots interrompues par l’apparition d’un être asexué – je note là, à votre décharge, une circonstance atténuante, dont je saurai tenir compte, puisque vous auriez pu parler d’une Fée de Conversation et émettre envers ladite Fée d’autres S7 du type « gracieuse », « douce », « rayonnante » etc) mais bien la contextualisation interprétative que vous opérez qui amène à l’utilisation de ces adjectifs, dont vous actez, poussé par le formatage stéréotypal de votre inconscient, qu’ils relèvent plutôt de la forme féminine que masculine ?

-  Et bien…peut être…soit …mais je…

- T-t-t-t…je vous arrête…ne vous justifiez pas… je ne suis qu’un agent verbalisateur assermenté…je constate…je ne juge pas...Tenez. ..voici le reçu du procès verbal…signez là…voilà…merci…vous serez prochainement convoqué au tribunal…Au revoir monsieur.

 

A suivre

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M 19/04/2014 13:33


On voudrait bien la suite!!!!

Rosa 29/03/2014 14:52


Pas sûr qu'on s'y retrouve sur la question des genres (personnellement peu me chaut ! ) mais je te fais un passage...