3 rue de l'Aube qui Rêve.
Un petit escalier en pierre, usé et sombre.
Puis un porche, sombre lui aussi.
Passée la lourde porte de bois, que l'on franchit, sans l'ouvrir, par une ouverture rectangulaire décentrée (attention à la marche); un autre escalier. Raide, toujours sombre. Tournant
sur lui même, et quelque peu erratique dans son tracé.
Il faut monter; malgré l'obscurité, qui amplifie la sensation de déséquilibre que provoque l'irrégularité des marches et l'angle incertain qu'elles entretiennent avec le mur, dont on peut
douter qu'il soit lui-même vertical.
Un premier palier. Etroit. On le remarque à peine. Juste une porte, qui se confond presque avec le mur. Ne pas s'arrêter. Ni aux suivants. Nous allons tout en haut.
Le bruit de nos pas résonne comme un lugubre clapot. Je sens La Peur qui s'immisce en vous. Vous vous arrêtez, et vous me regardez, hésitant. Je lis dans votre regard la faiblesse et
l'angoisse.
Mais vous avez tort de chercher mon soutien. Je ne suis que votre guide.
D'ailleurs, maintenant que vous êtes arrivé, je dois vous laisser - s'en suit une espèce de disparition subite de l'auteur, que chacun pourra composer selon son imaginaire, moyennant force
éclairs scintillants, explosions d'étoiles ou nuages de fumée, le tout ayant surtout pour objectif de me permettre de vaquer à d'autres occupations, et de détendre un peu une atmosphère qui
commençait à se faire trop inquiétante à mon goût.
Vous êtes donc seul. Devant une porte de bois noir. Sur cette porte, à l'endroit où habituellement l'on trouve un petit cercle de métal qui héberge la lentille d'un oeilleton
méfiant, brille une Luciole, qui semblait vous attendre.
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