Petit précis de saxophone poétique

Pourtant, si je l'étais, ma vie serait plus simple. J'aurais une bonne fois pour toute décrété que jouer du saxophone est d'une inutilité parfaite, que de toutes façons, mon jeu est, et demeurera, tellement médiocre, qu'en comparaison des Coltrane, Getz, Desmond etc, je ne suis qu'une loque minable et désespérante. Et fort de ce constat, j'aurais jeté mes saxophones aux orties, au fond de mon jardin, et je me délecterais, tous les soirs, à l'heure où, noyant mon pessimisme dans l'alcool, je commencerais à sentir monter en moi l'aversion pour tout ce qui Est, de voir la rouille grignoter chaque jour un peu plus le métal, et de constater que les rats, ayant élu domicile dans les entrailles des décombres de mes instruments, se régalent en rognant les cuirs des tampons.

Mais il n'en est rien. Je ne suis pas nihiliste, et j'espère bien que si je devais le devenir, alors j'aurais le courage de me jeter moi-même par la fenêtre plutôt que d'apprendre à voler à mes saxophones.

Ayant foi dans la Vie, je continue donc, jour après jour, à travailler, patiemment. Et j'ai même l'ambition de mener à terme ce mouvement des suites pour violoncelle de Bach, encore inachevé et très imparfait, mais dont j'espère bien qu'un jour, je pourrai le jouer, dans le petite chapelle de mon village; ce sera un soir d'été, il y aura là quelques amis, et quelques inconnus, et peut-être, dans cette assemblée, se trouvera-t-il une âme, une seule, pour ressentir, au détour d'un passage particulier, alors que quelques notes, on ne sait pourquoi, se grouperont en un envol touché par la grâce, l'émotion de celui ou celle qui est touché par la Poésie.

Et pour ces quelques secondes, même s'il me faut y passer des années, je continuerai à travailler mon saxophone.



ps: les plus observateurs d'entre vous auront remarqué en tête de la Prairie une "bannière" du plus mauvais goût, truffée de détestables innovations technologiques. Elle n'est pas de mon fait. Elle m'est imposée. J'essaye de m'en débarrasser.
Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 16:59
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Ce matin, au vide-grenier du village d'à-côté, je suis tombé sur un objet étonnant: un simulateur de Paul Desmond. Le vendeur voulait absoluement s'en débarrasser - l'objet prenait soi-disant trop de place dans le buffet de sa salle à manger. Je n'ai pas essayé de comprendre la raison pour laquelle cet homme, qui me paraissait pourtant sain d'esprit, gardait un simulateur de Paul Desmond dans un buffet. J'ai fait celui qui trouvait ça tout à fait normal, et j'ai pu, du coup, acquérir un SPD pour moins de 30 euros.

Arrivé chez moi, je l'ai immédiatement branché, et ...déception...D'abord, je ne sais pour quelle raison, je m'étais imaginé que le champ de simulation de l'appareil recouvrait au moins une formation complète: le quartet de Brubeck, dont Desmond était le saxophoniste, ou alors le trio de Desmond. Mais non...il n'y avait que le saxophone de Desmond. Et sur un seul morceau qui plus est. Une ballade, que j'aime beaucoup, certes, qui est extraite du disque Impressions of Japan, et qui s'appelle Fujiyama. Mais là, vraiment, le constructeur avait bâclé le travail. Je ne sais pas si c'est dû à la mauvaise qualité du Polarotron Sinusoïdal branché en dérivation du Pas de Vis à Clonage Sonore (qui paraît très bancal)...Toujours est-il que le résultat est médiocre. Jugez vous-même...

 Au moins, ça peut vous donner envie d'aller écouter l'original...

Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /Sep /2008 14:45
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Parmi les grandes querelles historiques - citons pour mémoire la Querelle de la Poule et de l’Oeuf, la Dispute sur le Sexe des Anges et la Controverse de Patatoïde - il faut reconnaître que le différend qui oppose, dans le monde de la Musique,  les partisans de la Note Intérieure (que nous nommerons NI) à ceux de la Note Extérieure (que nous désignerons pour plus de commodité par NE), n’occupe pas vraiment une place de choix.

 

Certains pourront le regretter ; d’autres s’accommoderont de cet état de fait, pour en tirer peut-être un sujet de méditation ; ils constateront, un soir, au coin du feu, la pipe à la bouche, que l’histoire humaine fait bien trop souvent remonter à la surface de la conscience collective quantité de bulles légères et pétillantes, mais finalement pleines d’un vide décevant,  alors qu’au fond des limbes de notre Passé, des galets aux formes harmonieuses et aux couleurs chatoyantes reposent, livrés à l’implacable ensevelissement de l’oubli.

 

Heureusement, il est des chercheurs infatigables, tel Hilgarbin Tussle, qui ont choisi de consacrer leur vie à la résurrection des Grandes Pensées Oubliées. C’est ainsi que nous avons pu retrouver, dans son ouvrage publié en 1922, et qui s’intitulait « Hifflo jusklin soookt filkeluche » (c’est du norvégien…ne vous étonnez pas), l’exposé, en page 119, 120 et 121, de la célèbre controverse NI-NE.

 

Hélas, pour l’instant, nous n’avons pas pu finir la traduction de ce merveilleux passage ; avouons même, à notre grande honte, que la dite traduction n’est pas même entamée, du fait que personne dans la Prairie ne parle le norvégien.

 

Ceci étant, rien ne nous empêche d’imaginer ce qu’il en est. Après tout, nous sommes libre de tout, ici. Et c’est donc ce que nous ferons lors d’un prochain article.

 

Nota bene : vous aurez noté que nous nous nousvoyons. Ce n’est pas une nouvelle marotte. Cela semblait juste adapté à cette histoire.

Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 12:00
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Monsieur,

Je ne fréquente pas souvent les blogs. Je n'ai pas le temps. Je travaille, moi.

Mais je suis tombé sur votre Prairie l'autre jour, alors que j'étais dans la salle d'attente du dentiste. Je feuillète toujours ce qui traîne sur la table basse, pour passer le temps, parce que normalement, je ne lis pas ces bêtises.

Et là, quelle ne fut pas ma stupeur de vous voir écrire des absurdités sur le saxophone?

 Mais pour qui vous prenez-vous? Sachez que je suis Professeur Honoraire Certifié Qualifié au Conservatoire. De saxophone. Et que j'enseigne depuis 30 ans. Et que, voyez vous, le Saxophone, c'est une Chose Sérieuse. Pour en jouer, il faut apprendre tous les Doigtés, et faire des Gammes, toutes les Gammes, dans tous les Tons, et dans tous les Sens, et apprendre l'Embouchure, et la Respiration Abdominale, et la Respiration Latérocostale, et la Respiration Circulaire, et puis il faut faire des Sons Filés, des Sons Droits, et tous les Détachés, et toutes les Articulations, et les Arpèges, sans parler des Harmoniques et du Vibrato. Et seulement quand on sait tout, ça, seulement là, on peut espérer jouer quelque chose qui ne soit pas Ridicule et Faux.

Lapprentissage du Saxophone, Monsieur, ce nest pas de la Poésie. Cest du TRAVAIL. Un point cest tout. Et je peux vous dire que vous en avez à fournir, du TRAVAIL, au vu de ce que jai pu entendre.

Et quant à ces histoire de lâcher des saxophones dans des piscines, laissez-moi vous dire que si vous navez rien dautre à faire de votre temps que dorganiser des expériences aussi absurdes, je vous plains, vraiment

Jespère que vous saurez avoir la décence de mettre fin à vos hérésies

Je ne vous salue pas.

Otto Ritter

Pr de Saxophone HCQ

Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 23:03
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Le Coquelicot
auprès de blés, comme l'Anche
au Corps du saxo

Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /Juin /2008 12:19
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