Il est tard. Trop tard. Au dehors, les Lucioles se préparent à la Grande Extinction. La première fois, cela surprend, et l’on se retrouve triste d’elles. Comme si d’un coup, les étoiles s’évanouissaient, avec la peur que ce soit pour toujours. Je n’aime pas ce moment, cette fêlure dans la Poésie de la Nuit. D’ailleurs, généralement, je m’endors avant elles. Mais ce soir, la lecture du livre d’Albert (celui que vous voudrez, les deux conviennent…) a eu raison de mon sommeil. Je n’avais jamais auparavant considéré cette question, qui m’apparaît maintenant si évidente : le rapport entre l’Espace et le Temps. Pourtant, il y a des indices qui devraient nous alerter. Tiens, par exemple, hier encore, un inconnu à l’accent étrange me demandait la route pour Kökchetaou. Et bien je m’entends encore lui répondre « Kökchetaou, c’est au moins à 6 mois de marche en allant par-là ». Ce qui revient bien à mesurer une distance, donc de l’espace, avec du temps. De même, si je regarde mon horloge égrener l’heure, je vois…du mouvement : le balancier, les aiguilles. Imprégnez-vous de cette idée, comme je le fais depuis quelques heures. Le balancier part à gauche, puis il revient à droite, et repart à gauche. Il se déplace, simplement, et nous, nous pensons, nous imaginons que le temps s’écoule. De même un sablier. Je le retourne, et hop, des milliers de petits grains se déplacent, sous l’effet de la gravité. Ils tombent, et l’on pense que cela crée du temps, mais ce n’est que du mouvement. Vous voyez ? C’est fascinant, non ? Vous pouvez essayer, vous n’arriverez pas à trouver une situation où il y ait du temps sans mouvement. Où alors, il faut me le dire, ça m’intéresse.
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